Biographie

Gaston La Touche ~ 1854 – 1913

family_photo2Né à Saint-Cloud, près de Paris le 29 octobre 1854, Gaston La Touche montre très tôt sa vocation pour une carrière artistique. Dès l’age de 10 ans, il passe chacun de ses moments libres à dessiner et finalement obtient l’autorisation de ses parents pour prendre des leçons auprès d’un certain Monsieur Paul qui découvre rapidement son aptitude naturelle et encourage le jeune La Touche à persévérer dans ses études.

Le conflit Franco Prussien de 1870 interrompt les leçons et la famille fuit en Normandie. La Touche ne reçut pas d’autre formation mais en revanche il subit l’influence de deux peintres plus agés, l’un Félix Bracquemond et l’autre l’illustre Edouard Manet dont on connait le puissant impact sur la peinture Européenne. Après la Commune de Paris et la guerre, Manet, Degas, un groupe de peintres, de critiques, de poètes et d’écrivains avaient pris l’habitude de se retrouver au Café de La Nouvelle-Athènes (c. 1877-79) où ils parlaient d’art et d’autres sujets. La Touche devint familier de ce café où il put croiser ces derniers ainsi que l’écrivain réaliste Emile Zola, le critique Duranty et Théodore Duret, un politicien collectionneur et défenseur des Impressionnistes.

La Touche ne fut pas directement influencé par le style de Manet mais davantage par les idées de son ainé. Sincérité, candeur, intégrité, recherche de la vérité, telles étaient les qualités à rechercher dans la vie et dans l’art.  Pendant cette période de sa carrière, La Touche décrit la dure réalité quotidienne des mineurs et des ouvriers dont la situation critique avait déjà été portée à la connaissance du public par le réalisme social des romans de Zola tels que L’Assommoir et Germinal.

Cependant, après 1890, un profond changement s’opère dans le travail de La Touche, tant  dans le choix des sujets, de sa palette et de sa technique. A partir de 1896 et pendant six ans, il passe progressivement du réalisme à un idéalisme qui marquera définitivement son oeuvre : le monde perçut comme un univers harmonieux, lumineux  composé de jardins et de parcs, de nymphes et de fontaines, de feux d’artifice et de fêtes champêtres, dans lequel la nature est representée par la lumière et la couleur avec une fantaisie qui distingue son oeuvre de l’empreinte impressionniste.

Si il faut mentionner une influence sur La Touche, il s’agit, sans aucun doute de celle de Bracquemond. Ce peintre, graveur, céramiste et lithographe fut lui-même très infuencé par l’art japonais. Avec sa talentueuse femme Marie (elle exposa deux fois avec les Impressionnistes), Bracquemond s’était établi non loin de la propriété de La Touche. Ce dernier fréquentait régulièrement ses voisins à l’occasion de déjeuners dominicaux durant lesquels il pouvait retrouver les peintres Sisley et Fantin-Latour ainsi que le critique Gustave Geffroy qu’il avait cottoyé à la Villa Brancas.

S’engageaient alors des discussions animées, généralement dominées par le tempérament ardent de Bracquemond, c’est à ce dernier que revient, pour une grande part, le choix de La Touche d’abandonner sa palette sombre en faveur d’un large spectre de couleurs. Il avait bien senti que l’art de La Touche, au fond, se rapprochait des peintres français du 18ème siècle tels que Fragonard et Watteau et l’avait encouragé à persévérer dans cette quête de symphonie de couleurs qui definissait si bien son oeuvre. Il faut d’ailleurs souligner que La Touche détruisit presque toutes ses oeuvres de la période socio-réaliste. En 1891 et en un seul jour, il brula quelques quinze tableaux.

L’oeuvre de La Touche ne peut être rangée dans une catégorie particulière. Ses  tentatives vers le divisionisme cédèrent la place à un geste plus doux ou son pinceau aérien, laissait sur la toile les ombres variées d’une nouvelle sérénité, bien loin du monde réel. Cette ambiance se fait sentir dans les sujets les plus prosaïcs comme si l’évènement ou le geste le plus ordinaire se métamorphosait sous sa brosse.  Ce style si particulier s’exprime de manière frappante dans les tableaux “Le temple de l’amour” ou “Soirée d’été”. La Touche a peint beaucoup de scènes allégoriques, quelques sujets mythologiques, des paysages, des marines sans oublier les tableaux de son cher Versailles dont il disait “ Je n’ai qu’un seul maître, le parc de Versailles”.

GLT photo 2 (2)En 1889, il expose des vues de Versailles à Paris et à Londres, présente un ensemble d’aquarelles à la Fine Art Society. Un article très élogieux de Gabriel Mourey lui est consacré dans le Studio Magazine. La Touche reçoit la Légion d’honneur en 1900 et en 1906, une commande pour un tableau d’une fête à Versailles, devant orner les murs du Palais de L’Elysée.

La Touche exposa régulièrement au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, à la Société des Peintres et Sculpteurs ainsi qu’à la Société de la Peinture à l’Eau qu’il avait fondé en 1906 et dont il était président. Une grande exposition lui fut consacré à la Galerie Georges Petit en 1908 et à la Galerie Boussod et Valadon à La Hague, deux mois avant sa mort soudaine, le 12 juillet 1913, alors qu’il travaillait sur une toile.

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